Un blog qui s'écrit au fil des nuages qui passent ... Des souvenirs de famille qui s'écrivent avec poésie, des créations pour embellir le quotidien...

samedi 3 janvier 2015

un peu artiste...

Un peu artiste ...

Une petite page pour parler de mon travail de peinture. Cela fait 15 ans que je suis plongée dans le monde artistique, avec tout d'abord une formation en bac Arts Appliqués à Rennes et ensuite les beaux Arts de Paris pendant 6 ans dans l'atelier de Dominique Gauthier. (J'ai eu le droit à une année supplémentaire car Marius est né pendant ma formation :)))
Je ne vais pas trop écrire, mais je vais laisser les images racontées par elles mêmes le chemin parcouru...
le lien vers ma page facebook : https://www.facebook.com/JulieThomasCreation

accrochage de diplôme, 2007, Ecole nationale supérieure beaux arts de Paris






Et aujourd'hui, je travaille avec les points, la laque, les pigments irisés et pailletés...
Quelques lignes qui parlent de mon travail :

il y a une brèche, un espace de brillance et de flottement.
 
  Le tableau devient une expérimentation de la lumière colorée. Elle résonne, elle vibre. Un état jubilatoire. La peinture devient une expérience de mon intimité avec le dehors. Je ne peux plus maîtriser complètement la matière, elle se dérobe, elle existe pour elle. Je dois suivre ses exigences, et je me perds en elle pour mon plus grand plaisir. Je suis ainsi prise au risque de l’infini. Le temps s’allonge, se ralentit, une somnolence aqueuse au sein de laquelle se dilue l’angoisse. Je pénètre dans l’intimité de la forme et je creuse en dedans. La matière est débordante, elle m’incite à croire que le sublime existe. L’éclosion de la vie dans une lenteur incontrôlable.
  Ce sont des tableaux qui n’auraient pu exister qu’à l’arrière de mes yeux. L’objet bien réel de mes émotions. La couleur coule majestueusement, elle attend son arrêt dans la matière. C’est peut-être quelque chose de trop intime. Un désordre qui m’est familier. Une danse lente et sensuelle entre deux espaces. La couleur est ainsi suspendue, flottante, dans l’attente d’exister. Je ne recherche pas la stabilité de la nature, mais son devenir et son impermanence.
  Fusionner des expériences distinctes dans une même volonté d’être. Le bonheur de pouvoir respirer les strates de la couleur et ses vides. Ici, peindre, c’est créer une analogie avec l’intérieur vivant de chacun. Le tableau respire d’une joie authentique. Je tente de faire de la matière la promesse d’un événement. Ma peinture serait-elle un accident contrôlé, immédiat mais définitif, délicatement retenu ou hâté ? Cette découverte est intense et fragile. Peindre est une manière de commencer à écrire le dehors et le dedans. La trace de la tâche est une sorte de précision du dedans qui cherche à se délimiter, à se reconnaître. Une frontière en pointillée. La beauté d'un silence.... L’errance, celle d’aller vers un autre paysage. Des tâches, je me laisse porter vers une abstraction florale, un inconnu familier.
  Cézanne dit que la couleur est le lieu où notre cerveau et l’univers se rencontrent. Je rentre en profondeur dans la nature. Je représente l’idée de la nature. Je suis dans la couleur. Etre devant, être dedans. Je me perds en cherchant une image, et à travers cette image le désir d’entrevoir une partie de moi-même. Je travaille avec une matière que je ne peux plus complètement maîtriser. C'est la mutation de la couleur, le prolongement d’une danse, la séduction du mouvement, une certaine sensualité. La vie s’étend. 


Points à la ligne, Satori

 Le temps s’allonge, se ralentit. Je plonge dans une somnolence aqueuse. Je tente de faire de la matière la promesse d’un événement. Ma peinture serait elle un accident contrôlé, immédiat mais définitif, délicatement retenu ou hâté ? Cette découverte est intense et fragile. Peindre est une manière de commencer à écrire le dehors et le dedans. La trace de la tâche est une sorte de précision du dedans qui cherche à se délimiter, à se reconnaître. Une frontière en pointillée.
  Une partition musicale, je suis dans l’intimité de la forme. Des pulsations rapides et régulières. Une présence étonnement persistante. La couleur se dérobe, trouve sa force, seule. Je respire lentement. La musique est différente, elle évolue, elle est espérée de plaisir. L’espace étroit s’élargie, une vitesse incontrôlable mais jubilatoire. Un déplacement sublime et intense vers un autre dehors, vers une autre histoire de la couleur. J’admire la lenteur de mon regard à les saisir, à les faire vivre, à les sublimer. Ces tâches occupent progressivement tout l’espace, sans culpabilité. Chaque tâche est un événement de plus. Aujourd’hui je suis traversée par la couleur et je retient un sourire de satisfaction. Je ne doute plus que ce travail existe.
  L’un après l’autre, un point et ensuite un autre. Des lignes, les jolies choses, sans qu’on s’en aperçoive, avec autant de minutie qu’il en faut pour les tracer, se succèdent. Et puis tout recommence.





Rosea Femina

Je pénètre dans l’intimité de la forme et je creuse en dedans. La matière est débordante, elle m’incite à croire que le sublime existe. L’éclosion de la vie dans une lenteur incontrôlable.
   La mutation de la couleur, le prolongement d’une danse. La séduction du mouvement, une certaine sensualité. La vie s’étend.
  Fusionner deux expériences distinctes dans une même volonté d’être. Le bonheur de pouvoir respirer les strates de la couleur et ses vides. Ici, peindre, c’est créer une analogie avec l’intérieur vivant de chacun. Le tableau respire d’une joie authentique. 






Octopus
La matière déborde, elle sort du cadre, elle existe en dehors. Elle glisse, se modifie et rencontre une autre tache de couleur. Une danse lente et sensuelle entre deux espaces. La couleur est ainsi suspendue, flottante, dans l’attente d’exister. Je ne recherche pas la stabilité de la nature, mais son devenir et son impermanence. Je sens que ce jeu est complexe et demande une grande exigence du geste. Je dois décadrer le paysage, amener ma sensibilité a ces deux extrêmes du plein et du vide.
Animal marin des profondeurs. 





Et pour terminer, le texte d'un ami proche sur mon travail, PHILIPPE VENAULT (réalisateur, scénariste)


PAINTING
   Des onze plaques intitulées « variations colorées » peintes par Julie Thomas en 2007, jusqu’à la série de ces toiles judicieusement nommées « Rosea femina », « Octopus » et « Points à la ligne », une même conviction s’impose. Julie Thomas réaffirme avec force, l’acte de peindre comme une revendication essentielle, comme une valeur presque morale de l’activité artistique.

  Dans les « Variations colorées », le motif figuratif, brisé, rangé, contraint, aligné en segments géométriques, déployait sa force tout au long des plaques disposées les unes à côté des autres.
Comme dans un mouvement arrêté, le paysage, le tremblement de l’air, le frémissement de l’eau, emprisonnés dans le métal au ras du périmètre de son support, sans espace, faisait corps avec lui, ne laissait rien échapper.
Figurer et en même temps, se punir du figuratif, l’asphyxier.  Il y avait quelque chose de cela.

  Aujourd’hui, dans le travail présenté, la toile s’affiche, le support s’offre au motif qui n’est plus figuratif. La lumière règne.  Sur des fonds où le blanc vacille, le mouvement des « Rosea femina » et des « Octopus » s’exprime. La trace tourne, oscille, ondule en boursoufflures colorées, ou jette ses coulées de lave peintes. Ici, rien de contraint. Comme dans un ventre, le motif respire, éclate en bulles aléatoires, en tentacules joyeuses, glisse en valse, ou ondule en lignes, d’un bord à l’autre de la toile. S’en dégage alors le sentiment curieux d’une liberté trouvée, au-delà de la technique.
Des fibrilles colorées de bleus sombres, de violets précieux jusqu’aux bulles éclatantes de vermillons joyeux, un mouvement organique et lumineux nous emporte d’une toile à l’autre, parfois par de courts polyptiques. Autant d’ivresses poussées par ces « Points à la ligne » dont la succession serrée nous invitent au voyage. Ouvrez les yeux sur la révélation d’un espace esthétique ou s’expose sans pudeur,  l’acte de peindre, acte bien plus mystérieux qu’il n’y paraît. 


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