Un blog qui s'écrit au fil des nuages qui passent ... Des souvenirs de famille qui s'écrivent avec poésie, des créations pour embellir le quotidien...

samedi 8 août 2015

Un peu de peinture...

Je n'ai jamais pris le temps de parler de mon travail de peinture sur le blog... Il faut dire que cela fait un ans qu'il est en suspend entre les travaux du nid et la fabrication de notre bébé. Les peintures et solvants que j'utilise aujourd'hui ne sont pas vraiment compatible avec la fragilité d'un bébé en construction... Mais j'espère pouvoir reprendre des projets quand elle sera sortie et que je pourrais prendre un peu de temps pour peindre...
Depuis enfant je dessine, je collectionne les crayons, j'aime observer le monde qui m'entoure et le mettre en image et en couleurs...
J'ai aussi fait des rencontres sans lesquelles je ne serais pas la aujourd'hui, sans lesquelles je n'aurai peut être pas pris confiance en moi pour continuer, sans lesquelles je n'aurai pas découvert New York et sa folie créative !
J'ai choisi très tôt la filière artistique car à 15 ans je suis partie interne dans un lycée à Rennes pour faire un bac Arts appliqués. Suite à mon bac, je suis venue à Paris pour préparer le concours d'entrée des Beaux Arts de Paris et des Arts décoratifs, tout en préparant un Deug arts plastiques par correspondance... Une année merveilleuse à découvrir Paris, mon premier appartement... Et puis, j'ai été reçue aux Beaux Arts de Paris et  c'était parti pour cinq années... Des années riches de découvertes, de discussions et de rencontres... Et Marius est arrivé à 3 mois de mon diplôme, que j'ai obtenu en novembre 2007... Et ensuite Gabin est arrivé en 2008... A chaque naissance mon travail s'est modifié, et j'ai exploré d'autres formes, d'autres techniques... Par contre, j'ai toujours travaillé sur la couleur, le paysage, le mouvement...

Un petit déroulé  de mon travail...

De 2001 à 2007...

  

A travers mon travail je veux donner à voir et faire ressentir mon expérience dans le paysage. Je veux partager ma rencontre avec l’événement coloré, c’est à travers elle que je ressens une émotion. Vivre un événement coloré, c’est participer à une expérience du réel, c’est capter l’éphémère, saisir la lumière. Par ces vibrations de couleurs, je peux représenter mon passage dans le paysage. Chacun des itinéraires est une expérience de la couleur dans le paysage. L’exigence d’un itinéraire c’est être dans un paysage, le traverser, rester. Le paysage se modifie au cours de mon déplacement. Une durée, un temps d‘arrêt. Je saisis un lieu, je me déplace et je le pénètre à nouveau, immobile. Un moment de joie. Mon travail n’imite pas un espace, il produit son lieu. Des images qui font apparaître les couleurs. « Marcher dans la couleur1 », c’est formuler mon plaisir à être dans le paysage. La couleur se retire de la forme du paysage. Elle persiste, seule. Isoler une partie du paysage, choisir et fragmenter : l’unité colorée. Elle se répète, se juxtapose. L’ensemble compose une nouvelle image du paysage. Pour mettre en forme cette image j’ai instauré un système informatique qui pixélise le paysage soit à partir d’une photographie, soit à partir de ma mémoire du lieu. La représentation informatique évolue, elle devient sensible. Mon expérience dans le paysage corrige ma perception, l’émotion est colorée. Cette réalité de la couleur est celle que je vois et que je vis individuellement. Ôter la couleur naturelle du paysage référent c’est procéder à une intervention qui créait une nouvelle distance avec le sujet. Une place pour l’interprétation de mon émotion.

1. Georges DIDI-HUBERMAN, « L’homme qui marchait dans la couleur ».


accrochage de mon diplôme ENSBA novembre 2007

variation colorée, baie du Mont Saint Michel

série de 11 plaques de 75/180 cm chacune. Glycero sur aluminium

passage colorée, baie du Mont saint Michel, pastel. 

pastel sec sur mur, pièce éphémère. 250/600 cm

Événement coloré 60:60 cm

 

Passage colorée, Ile maurice 180/300 cm
 


Le texte d'un ami qui relate la transition entre mon travail aux beaux arts et celui d'aujourd'hui...

"Des onze plaques intitulées « variations colorées » peintes par Julie Thomas en 2007, jusqu’à la série de ces toiles judicieusement nommées « Rosea femina », « Octopus » et « Points à la ligne », une même conviction s’impose. Julie Thomas réaffirme avec force, l’acte de peindre comme une revendication essentielle, comme une valeur presque morale de l’activité artistique.
 Dans les « Variations colorées », le motif figuratif, brisé, rangé, contraint, aligné en segments géométriques, déployait sa force tout au long des plaques disposées les unes à côté des autres.
Comme dans un mouvement arrêté, le paysage, le tremblement de l’air, le frémissement de l’eau, emprisonnés dans le métal au ras du périmètre de son support, sans espace, faisait corps avec lui, ne laissait rien échapper.
Figurer et en même temps, se punir du figuratif, l’asphyxier.  Il y avait quelque chose de cela.
 Aujourd’hui, dans le travail présenté, la toile s’affiche, le support s’offre au motif qui n’est plus figuratif. La lumière règne.  Sur des fonds où le blanc vacille, le mouvement des « Rosea femina » et des « Octopus » s’exprime. La trace tourne, oscille, ondule en boursoufflures colorées, ou jette ses coulées de lave peintes. Ici, rien de contraint. Comme dans un ventre, le motif respire, éclate en bulles aléatoires, en tentacules joyeuses, glisse en valse, ou ondule en lignes, d’un bord à l’autre de la toile. S’en dégage alors le sentiment curieux d’une liberté trouvée, au-delà de la technique.
Des fibrilles colorées de bleus sombres, de violets précieux jusqu’aux bulles éclatantes de vermillons joyeux, un mouvement organique et lumineux nous emporte d’une toile à l’autre, parfois par de courts polyptiques. Autant d’ivresses poussées par ces « Points à la ligne » dont la succession serrée nous invitent au voyage. Ouvrez les yeux sur la révélation d’un espace esthétique ou s’expose sans pudeur,  l’acte de peindre, acte bien plus mystérieux qu’il n’y paraît."
                                                                                                                     Philippe Venault


Depuis 2008
Points à la ligne, Satori
série

 

 

Le temps s’allonge, se ralentit. Je plonge dans une somnolence aqueuse. Je tente de faire de la matière la promesse d’un événement. Ma peinture serait elle un accident contrôlé, immédiat mais définitif, délicatement retenu ou hâté ? Cette découverte est intense et fragile. Peindre est une manière de commencer à écrire le dehors et le dedans. La trace de la tâche est une sorte de précision du dedans qui cherche à se délimiter, à se reconnaître. Une frontière en pointillée.
  Une partition musicale, je suis dans l’intimité de la forme. Des pulsations rapides et régulières. Une présence étonnement persistante. La couleur se dérobe, trouve sa force, seule. Je respire lentement. La musique est différente, elle évolue, elle est espérée de plaisir. L’espace étroit s’élargie, une vitesse incontrôlable mais jubilatoire. Un déplacement sublime et intense vers un autre dehors, vers une autre histoire de la couleur. J’admire la lenteur de mon regard à les saisir, à les faire vivre, à les sublimer. Ces tâches occupent progressivement tout l’espace, sans culpabilité. Chaque tâche est un événement de plus. Aujourd’hui je suis traversée par la couleur et je retient un sourire de satisfaction. Je ne doute plus que ce travail existe.
  L’un après l’autre, un point et ensuite un autre. Des lignes, les jolies choses, sans qu’on s’en aperçoive, avec autant de minutie qu’il en faut pour les tracer, se succèdent. Et puis tout recommence.


Rosea Femina
série
 
Je pénètre dans l’intimité de la forme et je creuse en dedans. La matière est débordante, elle m’incite à croire que le sublime existe. L’éclosion de la vie dans une lenteur incontrôlable.
   La mutation de la couleur, le prolongement d’une danse. La séduction du mouvement, une certaine sensualité. La vie s’étend.
  Fusionner deux expériences distinctes dans une même volonté d’être. Le bonheur de pouvoir respirer les strates de la couleur et ses vides. Ici, peindre, c’est créer une analogie avec l’intérieur vivant de chacun. Le tableau respire d’une joie authentique


Octopus
série
La matière déborde, elle sort du cadre, elle existe en dehors. Elle glisse, se modifie et rencontre une autre tache de couleur. Une danse lente et sensuelle entre deux espaces. La couleur est ainsi suspendue, flottante, dans l’attente d’exister. Je ne recherche pas la stabilité de la nature, mais son devenir et son impermanence. Je sens que ce jeu est complexe et demande une grande exigence du geste. Je dois décadrer le paysage, amener ma sensibilité a ces deux extrêmes du plein et du vide.
Animal marin des profondeurs.















 


2 commentaires:

  1. C'est vraiment magnifique. Ton travail sur le point, j'adore! Et quel joli parcourt !

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    1. merci, je n'avais pas vu ton commentaire...

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